MODEPARIS
Inutile pour certains, mais vraiment indispensable pour d'autres.(modeparis.eu) .............. modeaparis
lundi 22 décembre 2025
vendredi 19 décembre 2025
LE BELMONOPOLY DU LUXE DE L’ABSURDIE
Pendant ce temps, ironie étincelante, la franchise alimentaire, la plus performante du royaume du burger, n’est ni à New York, ni à Chicago, mais… en France. Là où les Français, dans un geste d’appropriation culinaire digne d’un détournement poétique, ont transformé le McDo en salon de thé futuriste, habillé de bois clair, de vitrines façon pâtisserie nordique et d’un soupçon de design minimaliste qui ferait pleurer un architecte du Midwest. Résultat : ce sont ces McDo hexagonaux qui tiennent tout le groupe par les lacets des sneakers dollars.
jeudi 18 décembre 2025
L’ÈRE DE L’OPINION SANS MÉTIER
Ainsi donc, la Chine, ce pays que l’on disait si peu porté sur la fantaisie, vient de commettre l’impolitesse suprême : demander des compétences à ceux qui parlent de sujets qu'ils ne connaissent pas. Oui, des compétences ! Des diplômes, du savoir, du métier, l’horreur absolue pour une ère moderne où l’opinion se porte comme une casquette et la légitimité se télécharge avec un filtre.
C'est donc à compter du 25 octobre 2025 que les prophètes autoproclamés, les spécialistes nés entre deux stories, les experts en tout et spécialistes en rien, dont la seule qualification est d’avoir parlé plus fort que les autres, seraient bannis de la Chine. En somme, la Chine a osé rappeler que le sérieux n’est pas un hobby du dimanche.
mercredi 17 décembre 2025
ROCCO IANNONE, L’ÉLÉGANCE À RÉGIME CONSTANT
Chez Ferrari, sa mode ne rugit pas pour attirer les foules. Elle ne cherche ni l’éclair du buzz ni la fuite en avant des tendances. Elle avance à régime constant, réglée, disciplinée. Certains y voient une mode d’ingénieurs devenue élégante, où chaque couture répond à une fonction, chaque ligne s’assemble comme une pièce de moteur, indispensable, silencieuse, efficace.
Le créateur ne signe pas un manifeste, il construit un vestiaire. Une garde-robe pensée comme une extension naturelle de la marque, de son ADN, de sa rigueur. Une mode guidée et contrôlée jusqu’à l’os, presque corporative, oui, mais dans ce que le mot a de plus noble. Une élégance sous contrôle, qui préfère la maîtrise à l’esbroufe, et la durée à l’instant.
FM
lundi 15 décembre 2025
VOYAGE AU BOUT DE L’ENNUI
Trump gesticule comme un bateleur furieux, et promet l’ordre à coups de slogans, pendant que la Chine range ses citoyens comme des fichiers bien ordonnés et que la Russie serre le poing sur un passé qu’elle maquille en avenir. Trois formes de la même passion triste, gouvernées par la peur, par le bruit, par l’écrasement, on appelle ça puissance. C’est surtout une panique organisée.
Certains y voient un complot, un grand basculement fantasmé, un récit commode pour donner un visage à leur angoisse. D’autres n’y voient rien du tout, trop occupés à survivre. La vérité, elle, marche sans discours, elle avance avec des sacs en plastique et des enfants fatigués. Le monde se déplace parce qu’il brûle par endroits, parce qu’il étouffe ailleurs. Rien de mystique là-dedans. Juste la vie qui cherche encore un endroit respirable.
Mais, pendant que les corps bougent, les esprits, eux, s’ankylosent. Le numérique a gagné. Pas comme un tyran brutal, non. Comme une friandise permanente. Flux continu, images sans repos, indignations prêtes-à-consommer. On ne pense plus, on réagit. On ne comprend plus, on partage. L’information n’informe plus, elle abrutit par saturation. Trop de tout, plus de rien.
vendredi 12 décembre 2025
LA CALME DE LA BEAUTÉ FERRAGAMO
Sa collection, elle, n’avait rien d’aussi placide. On y sentait une volonté obstinée de rappeler que la beauté, quand elle veut bien, sait encore se battre. Il y avait cette veste réversible en peau lainée, bordeaux profond comme un secret qu’on ne confie qu’à la tombée du soir, et ce trench souple qui avançait avec l’assurance silencieuse des choses bien faites. Une saharienne en daim vert militaire pour les hommes désireux de feindre la recherche d’une conquête, des robes drapées en laine légère qui semblaient tenir debout par la seule persuasion de leur élégance, et ces ensembles en crêpe où des nœuds de cuir murmuraient qu’il existe encore des détails capables de sauver une journée.
jeudi 4 décembre 2025
A GURU-PREACHER OF THE VOID
One must acknowledge the man’s true talent: elevating banality to the rank of profundity. “God is great”; “I’m from Virginia”; “I got my first pair of sneakers at sixteen.” So many cymbal crashes announcing… nothing. But since it’s delivered with gravity, the audience applauds, convinced they are witnessing the birth of a prophet of the pavement transfigured into a messiah of marketing.
One might have hoped for a bit of substance behind the staging, a thread of thought behind the slogans. But no: Pharrell mostly preaches for his brand and for his legend. He doesn’t recount hardship; he puts it on display. The story of the poor kid turned icon serves less to enlighten than to sell a shoe, as if transcendence lay in a well-designed sole.
mercredi 3 décembre 2025
LE LUXE EN QUÊTE D’ÉTERNITÉ
Des cathédrales de pierre que l’on restaure, aux sanctuaires que sont les musées, des alliances tissées avec des artistes visionnaires ou des architectes bâtisseurs d’horizons, le groupe du seigneur orchestre un dialogue subtil entre création et pouvoir, encouragé par une fiscalité qui semble souffler dans ses voiles.
Mais, accomplir une telle quête dans un monde qui se fissure demande une adresse rare. D’où l’impérieuse nécessité d’investir des territoires dans lesquels les frontières se gomment : les arts, éclats d’éternité, et le sport, pulsation universelle.
Dans cette arène fragile, les grandes maisons sont les mieux armées pour transformer ces alliances en forces nouvelles : elles portent en elles le poids des héritages des pays qui les accueillent, la puissance des fortunes et l’art consommé sert à amplifier leur légende.
mardi 2 décembre 2025
CONFESSIONS IMPROBABLES D’UN SNOB FASHION
Si un jour, j’avais eu l’idée totalement folle, pour ne pas dire suicidaire, de travailler dans la mode, j’aurais commencé par me fabriquer un nom. Pas un nom banal, non : un nom avec un « DE », façon aristocratie consanguine. Un truc du genre « De Machin chose », dont le grand-père, évidemment, aurait été ambassadeur au Mexique, parce qu’il faut bien un ancêtre exotique pour crédibiliser son snobisme.
Ensuite, j’aurais inventé un arrière-grand-père d’Espagne sous la grande Cordoue, haut fonctionnaire pour le « Faucon des Quraych, « les cultivés comprendront ». De toute manière, dans la mode, plus c’est invraisemblable, plus cela passe.
Rebaptisé « Louis Perez de Mouclieros », j’aurais lancé mon propre storytelling. Issu d’une grande famille, poussé par des parents (imaginaires) à entrer à Polytechnique, j’aurais ainsi acquis ce précieux bagage totalement décoratif qui ouvre toutes les portes des grandes maisons, généraliste sur tout et spécialiste en rien.
Une fois dedans, la stratégie est simple :
— acquiescer mollement de la tête à tout ce qui se dit ;
— répéter « j’adore » à intervalles réguliers, même pour un truc objectivement hideux ;
— Et surtout, adopter la position dite du « quatre-pattes corporatif », un classique du milieu, garant d’une ascension fulgurante pour qui sait renoncer à sa dignité avec élégance.
lundi 1 décembre 2025
BABYLONE HÉRITAGE DE NABUCHODONOSOR
Une cité colossale et pourtant fantôme, car Babylone s’étendait sur près de 500 hectares, protégée par un système défensif monumental : une triple enceinte de doubles murailles, prouesse technique inégalée pour l’époque. Au cœur de la ville s’élevait la ziggourat Etemenanki, la fameuse tour de Babel, structure sacrée haute d’environ 90 mètres. Illuminée par le soleil mésopotamien, elle dominait majestueusement la plaine, visible à des kilomètres à la ronde.
vendredi 28 novembre 2025
ARISTOCRATE DU LUXE
Un jour de printemps, une impertinente s’était introduite avenue Montaigne dans le bureau du Seigneur par une petite fente laissée là par inadvertance. Mais, quand l’aristocrate sentit le vrombissement sur son cou, il éprouva un souvenir ancien, celui du couperet de la guillotine d’antan. Ainsi, il fit convoquer tous ses cadres et directeurs de service en leur vociférant, « munissez-vous d’un journal grand Dieu et montez dans mon bureau ! » Chacun arriva donc avec des « Vogues », « Bazaars » et « Echos de la mouche » afin de chasser l’intruse qui était venue perturber sa méditation.
Tous les plus hauts cadres étaient là, et la rebelle virevoltait dans tout l’espace immense dont les fenêtres donnaient sur le plus beau fleuron du maître des lieux qu’il « Adior ». Ainsi, une danse macabre de lourdauds commença. Le diptère naviguait entre les sculptures de Giacometti, les Picasso, et finalement, le Manet fut sa dernière demeure. Quelle fin !
jeudi 27 novembre 2025
IA, CE QUE TOUT LE MONDE VOIT ET QUE PERSONNE NE MESURE
On parle beaucoup de visuels générés par IA, de descriptions automatiques et de vidéos « magiques ». Oui, cela existe. Oui, cela impressionne. Mais l’enjeu profond est ailleurs : Jusqu’ici, raconter une histoire de marque reposait sur un narrateur : un styliste, un photographe, un directeur artistique.
Désormais :
l’IA analyse les comportements d’achat, détecte les micro-tendances avant même qu’elles n’émergent, construit des narrations sur mesure, et adapte en temps réel l’histoire d’un produit selon la personne qui le regarde.
Ce n’est plus du storytelling, c’est du storyshifting : une histoire fluide, changeante, algorithmique.
mercredi 26 novembre 2025
LA CRÉATRICE QUI HABILLE LE TEMPS
Exploratrice textile, Dgena imagine des silhouettes vivantes, instables, presque organiques. Chaque vêtement est un cycle, une métamorphose programmée où l’éphémère n’est plus une limite, mais une promesse. Le geste créatif devient alors un pacte poétique entre la matière et le temps : accepter que tout change, que tout se réinvente, et que la beauté puisse résider aussi dans ce qui se défait.
Son approche, à la fois conceptuelle et sensible, fait d’elle une créatrice qui bouscule les codes du luxe et de la mode. En redonnant au vêtement sa dimension narrative, elle offre à chacun la possibilité d’être témoin d’une naissance, celle d’une pièce qui se révèle lentement, couche après couche, jusqu’à devenir autre.
FM
mardi 25 novembre 2025
KENZO TAGADA A MA MÈRE
Quand soudain, dans ce fracas de voix et de lumières, surgit une silhouette improbable : une vieille femme Japonaise vêtue du kimono ancestral, avançant avec la lenteur sacrée de deux mille ans d’histoire. On eût dit une apparition, un souffle surgissant d’un film de Kurosawa, une parenthèse de poésie glissée au milieu du vacarme des hommes.
Le temps, un instant, suspendit son battement. Puis, il reprit, pesant, les agents de sécurité, découvrant qu’elle n’appartenait à nul protocole, se ruèrent et l’arrêtèrent à deux pas de mon père. Elle criait, dans une langue qui vibrait comme un chant antique, des mots dont il ne saisissait pas le sens.
« Que dit-elle ? » demanda Jacques Mouclier à sa traductrice.
« Elle vous remercie pour son fils, Monsieur Mouclier. »
vendredi 21 novembre 2025
FAKE DREAMS REAL LIKES THE WIRKIN PARADOX
jeudi 20 novembre 2025
TALONS AIGUILLES ET VERNIS KITSCH
Avec son trio d’avocates carnivores, incarnées par un casting démesuré, Murphy propulse sa série au centre des conversations comme un shoot d’ambition pure. C’était sur Disney+ le 4 novembre dernier, un pseudo-ode au pouvoir féminin ressemblant à un manuel de survie en territoire patriarcal. On ne s’élève pas, on grimpe aux rideaux en talons « Louboucatin » de douze centimètres, on dévore, on ronge, on s’arrache chaque centimètre carré de visibilité comme s’il s’agissait d’oxygène.
Dans les couloirs aseptisés des cabinets et sur les bancs glacés des tribunaux, Allura Grant (Kim Kardashian), Dina Standish (Glenn Close) et Liberty Ronson (Naomi Watts) se battent moins contre des divorces que contre l’invisibilité qui menace toute femme dépassant la quarantaine. Leurs dossiers deviennent des accessoires, leurs clients des prétextes. Ce qu’elles plaident vraiment, c’est leur droit à rester sur le devant de la scène. À rester désirées. À rester nommées.
mercredi 19 novembre 2025
François Mouclier, le stratège discret qui murmure à l’oreille du luxe
Des débuts entre industrie et innovation
Fils de Jacques Mouclier, personnalité marquante de la couture française, François Mouclier hérite tôt d’une culture du beau, du style, de l’exigence. Mais plutôt que de se laisser porter par la tradition familiale, il s’en empare avec une volonté d’innovation rare.
À la fin des années 1980, alors que la plupart des maisons ignorent encore l’existence du Web, il rédige un mémo visionnaire, Business Internet Dreams (1990), anticipant l’impact des technologies digitales sur les entreprises. Deux ans plus tard, il rejoint l’Université Columbia, où il développe des solutions extranet en langage ASP, un précurseur dans le domaine.
Cette double culture technique et esthétique marquera toute sa carrière.
L’industrie du luxe comme terrain de jeu
Avant de créer son espace médiatique, François Mouclier déploie son expertise au cœur même des grandes maisons. Il occupe notamment les fonctions de :
-
directeur commercial chez Sicofor-Packaging Solutions
-
vice-président chez Pochet & du Courval, l’un des leaders mondiaux du flaconnage de parfums
Il y consolide une connaissance intime du packaging, de la supply-chain du luxe, du design industriel et des stratégies de marque. Sur LinkedIn, il se présente aujourd’hui comme « retraité » du Groupe Pochet, mais son influence sur le secteur ne s’est jamais réellement interrompue.
Canal Luxe, la plume libre
vendredi 14 novembre 2025
HERMES S’OFFRE LANIFICIO COLOMBO
Hermès vient d’étendre sa main vers l’Italie, vers ces collines dans lesquelles la laine se tisse comme un poème. Là-bas, depuis les années soixante, se dresse Lanificio Colombo, maison d’humains, patients gardiens du fil, du souffle, des artisans du cachemire rare et des fibres qui caressent l’air. C’est un sanctuaire du geste, un autel qui dresse à la perfection.
Et voici qu’Hermès s’en approche. Pourquoi ? Pour régner, non pas sur la mode éphémère, mais sur l’ordre secret de la matière. Hermès veut connaître chaque battement du métier à tisser, chaque souffle de la chèvre des montagnes, chaque frémissement du fil qui devient étoffe. Du vivant à l’ouvrage, du fil à l’œuvre, la maison veut tenir le monde du luxe dans la paume de sa main, sans en trahir la noblesse. Et ainsi, voilà le loup de Cachemire privé de sa mantelure.
Tandis que d’autres s’égarent dans la clameur du moment, Hermès bâtit dans le silence. Pierre par pierre, atelier après atelier, la maison se dresse non pas comme un château du luxe, mais comme un fort de granit, semblable à ceux que la Bretagne oppose depuis des siècles aux vents et aux vagues.
Car Hermès le sait : dans ce siècle qui court, où tout s’efface avant d’avoir existé, le vrai luxe est celui qui dure. Et peut-être, dans ce lent travail, dans cette obstination du beau, se cache la plus belle des révolutions : celle du temps retrouvé. Année après année, la marque a une conviction profonde : dans un monde obsédé par l’instantanéité, le véritable futur du luxe appartiendra à ceux qui prennent leur temps.
FM
jeudi 13 novembre 2025
ANTONIN S’ASSOIT SUR LE TRON DE BALMAIN
Après un passage chez Balenciaga entre 2012 et 2016, autrement dit, à l’époque où les sneakers devenaient des objets de musée, Antonin lance sa propre marque, Atlein. Un nom inspiré de l’océan Atlantique et des drapés de Madame Grès, parce que monsieur surfe sur la vague ; certains designers font du yoga, d’autres méditent à Bali. Quant à lui, il drape comme il surfe avec grâce, précision et un peu de sable entre les orteils, mais avec son prénom « Antonius » dont l’origine exacte suggère probablement une alliance avec le dauphin. Cela a du sens, « bref le mec, il sait nager. »
Seulement finaliste du prix LVMH en 2017, grand gagnant de « l’A dent » « Couronne en strass pour un trône de tendances », Antonin a prouvé qu’il savait transformer la mode en discipline aquatique, toujours fluide, jamais statique, sorte de Jacques mu muse du riches.
lundi 10 novembre 2025
JE VOULAIS VIVRE UN ROMAN MORT
À force de vouloir rivaliser avec Dumas, Clermont-Tonnerre s’égare dans une prose qui se voudrait flamboyante, mais n’est que pesante. Chaque phrase semble lestée de références, chaque page alourdie d’un vernis « littéraire » qui sonne creux. On sent l’effort, on entend presque le froissement des soieries d’époque, mais sans l’élan, sans le panache, sans cette vitalité romanesque que Dumas dispensait avec naturel.
Et que dire de Milady ? Cette figure, machiavélique, ambivalente, fascinante chez Dumas, devient ici une héroïne de papier glacé, une sorte d’icône féministe réchauffée à la sauce Nabilla Vergara, une mondaine, vidée de son mystère et de sa dangerosité. La journaliste croyait sans doute offrir à Milady une seconde vie, elle lui offre une caricature et un miroir sans âme.


















