On nous parle d’un « dialogue entre passé et présent », mais le seul dialogue que les Parisiens entendent encore, c’est celui des klaxons qui réverbèrent entre la Samaritaine et « l’autel » du cheval blanc du seigneur des Arnault. Une caverne pour une allégorie, sorte de réflexion que Platon dans « La République » met en scène : des humains enchaînés et immobilisés dans une caverne qui tournent le dos à l’entrée et voient non pas les objets, mais les ombres, à l’orée du BHV, la grotte de Dubuffet Campagnard Gratuits, cela a du sens. Les bimbos ne comprendront pas ce clin d’oeil, mais cela n’est pas grave.
Certes, les promoteurs du projet jurent comme des manifestants aphones qu’aucun financement public n’est engagé. Mais à Paris, même les œuvres prétendument gratuites, finissent toujours par coûter quelque chose aux contribuables : circulation paralysée, sécurité mobilisée, nettoyage, logistique, occupation de l’espace public. Pendant qu’on transforme le Pont Neuf en une grotte conceptuelle pour promeneurs en quête de selfie minéral, les rues voisines deviennent un labyrinthe d’embouteillages et de détours, et pour rentrer à la maison, c’est plus difficile.



















