MODEPARIS
Inutile pour certains, mais vraiment indispensable pour d'autres.(modeparis.eu) .............. modeaparis
lundi 19 octobre 2026
LA LENTE DÉFAITE DU SENS
jeudi 15 octobre 2026
LES RAPPEURS NOUVEAUX DA DU LUXE
Monet aurait-il été directeur artistique chez Vuitton ? La question prête à sourire, mais la mode a déjà répondu : l'artiste n'est plus invité au défilé, il le dirige.
Il fut un temps où un rappeur n'approchait la mode que par la porte de service : un clip, une chaîne en or, une mention dans un couplet. Aujourd'hui, il entre par la grande porte, avec un badge et une carte de visite. Dernier exemple en date : Wale, rappeur nominé aux Grammy Awards, vient d'être nommé directeur de la création et associé de CapSole, entreprise spécialisée dans la conservation des sneakers. La basket, jadis jetée quand elle était usée, est désormais traitée comme une toile de maître. Et si l'on conserve des sneakers comme on conserve des Nymphéas, la question devient presque sérieuse : qui est le conservateur, et surtout, qui est l'artiste ?
mardi 13 octobre 2026
LES PETITS MARQUIS DE LA FASHION WEEK
Petite chronique d’une cour où l’apparence tient lieu de talent.
Bienvenue à la Fashion Week de Paris, ce grand bal des prétentions où les vêtements sont devenus secondaires et où l’important n’est plus de voir, mais d’être vu. Au premier rang trône Léna Saturation, impératrice du téléphone portable, grande prêtresse de la story et de l’autocélébration numérique. Chaque apparition devient un événement, chaque mouvement une publication, chaque respiration une occasion de produire du contenu.
lundi 12 octobre 2026
GAULTIER DE TROIS QUARTS
vendredi 9 octobre 2026
LA DÉCENCE N’EST PAS UNE TENDANCE
Mais, enfin, depuis quand faut-il une charte pour enseigner ce que tout le monde sait déjà ? La mode, qui prétend dicter les tendances, semble avoir quelques décennies de retard sur la décence.
On nous parle de formations, d’accords écrits, de signalements anonymes. Magnifique ! Il faudrait donc apprendre à des adultes qu’une position de pouvoir ne donne aucun droit sur le corps d’autrui. Et protéger l’anonymat de ceux qui dénoncent, preuve éclatante d’un milieu où parler peut encore coûter une carrière ! C’était déjà le cas en quarante, décidément la France ne change Jamais !
Et que dire de cette autre découverte : à seize ans, on est encore mineur ! Il aura fallu des années pour que l’industrie du luxe réalise qu’habiller des adolescents en adultes ne les rend pas adultes pour autant. Le plus consternant n’est pas l’annonce de ces mesures. C’est qu’elles soient encore présentées comme un progrès.
mercredi 7 octobre 2026
LOUIS VUITTON : LE FUTUR EN PANNE SÈCHE
On nous avait promis une collection qui flotterait dans l’air. Nous étions censés monter vers les étoiles, embarquer à bord de vaisseaux spatiaux abandonnés à notre émerveillement, décoller vers un avenir brillant, métallique, désirable. Nous avons surtout assisté à un crash. Et pas n’importe lequel : un crash en plein cœur de Paris, sous les dorures du Louvre, avec Nicolas Ghesquière aux commandes et Louis Vuitton comme compagnie aérienne. Le vaisseau devait viser la Lune. Il a surtout réussi à tourner en rond sur sa propre piste d’atterrissage.
Ce mardi 6 octobre, le Carrousel du Louvre a donc été transformé en circuit rétrofuturiste. Pourquoi ? Mystère. Peut-être parce que le rétrofuturisme est la nouvelle manière élégante de ne rien dire tout en prétendant annoncer demain. Peut-être aussi parce que tourner en rond est devenu le véritable concept de cette maison. Zendaya est arrivée de sa "Hollande" les éduqués comprendrons. Elle portait une tenue qui reprenait le boléro de dentelle déjà aperçu lors de la promotion de The Odyssey, associé à un jean et à un débardeur blanc. Voilà donc le grand recyclage : la maison habille l'actrice, l'actrice recycle son image, et le public applaudit le reflet du reflet.
mardi 29 septembre 2026
JULIE KEGELS PARIS 2017
Le temps ne s’écoule plus ce lundi, premier jour de la Fashion Week, il croupit. L’horloge égrène ses secondes comme un condamné compte les pierres de sa cellule, et chacune ressemble à la précédente, et chacune sera la sœur de la suivante. On voudrait que quelque chose arrive, n’importe quoi, une catastrophe, un cri sur le podium, pourvu que le silence de la création se fende, mais rien. Les murs gardent leur secret.
Quelque part derrière le visage, un autre soi-même regarde la scène depuis le fond d’un puits, avec colère, avec mépris, pour proposer le début de la Fashion Week de Paris, l’insondable banalité de Julie Kegels.
Car voilà le pire : l’ennui n’a pas la dignité de la douleur. La douleur sait au moins qu’elle vit, mais l’ennui nous propose une longue anesthésie, une mer morte comme la Rance où l’on flotte sans pouvoir couler. Les minutes s’y succèdent, identiques, comme des cercueils bien alignés, et l’on s’étonne à peine d’y reconnaître son nom comme couturière, on y entend seulement la brabançonne du prix LVMH.
jeudi 24 septembre 2026
DÉFILÉ POST APOCALYPSE CHIC
Il paraît que le vestiaire d’aujourd’hui, ressemble à ça : des mannequins qui semblent sorties tout droit d’une bouche d’égout, vêtements en lambeaux, ourlets effilochés comme si elles avaient survécu à une explosion dans une usine textile de Mumbai. On appelle ça de la « mode déconstruite », du « grunge de luxe », de « l’esthétique post-apocalyptique revisitée par un directeur artistique « Kean, pour ne pas le nommé, qui n’est jamais certainement descendu dans le métro à l’heure de pointe ». Il est un adepte de la société de Wladimir Putin pour simuler ses vêtements après un essaim de drones Ukrainien.
mercredi 23 septembre 2026
L’ÉCHO DES LOUPS ET LE SACRIFICE DES INVISIBLES
Je les ai connus, ces maîtres de l’illusion. Ils parlent de paix comme d’autres parlent du temps qu’il fait avec cette légèreté qui ne coûte rien tout en signant de la même main des contrats qui feront pleuvoir le fer sur des villes qu’ils ne visiteront jamais. Ils agitent des drapeaux avec une ferveur touchante. Mais, je n’ai jamais vu un de ces hommes-là verser une seule goutte de son propre sang pour son pays. C’est une race à part, celle qui a inventé le patriotisme par procuration.
Car voici le tour de passe-passe, et il est vieux comme la bêtise humaine : quand le canon se met à sonner, ce ne sont jamais leurs fils qui montent dans les trains. Les fils des puissants ont déjà pris le large vers une île, un chalet, un endroit sans nom sur une carte que les drones ignorent. Pour eux, la guerre est une partie d’échecs qu’on regarde depuis la terrasse, un verre à la main, en déplaçant des pions qui ont, eux, un cœur qui bat et une mère qui pleure.
mardi 22 septembre 2026
J’ACCUSE LA VACUITÉ ÉRIGÉE EN COLLECTION
J’accuse cette chambre à coucher, qui aurait dû être le plus intime des théâtres et qui n’est plus qu’une scène sans metteur en scène, un décor où personne ne sait plus jouer sa propre pièce. Sa démarche ? Il faudrait le demander au Marrant, cette anthropologue de la mode qui, seule, a gardé l’œil assez neuf pour observer l’espèce humaine sans en avoir honte. C’est qu’il y a là un crime dont on ne parle jamais, un crime sans bruit ni sang, le seul vraiment parfait : celui qu’on commet en détournant les yeux. On regarde sans voir, on hausse les épaules avec cette élégance particulière des gens qui ne veulent rien savoir, et on passe. On passe surtout par la rue Saint-Denis, parce que c’est encore le chemin le plus court pour ne rien changer à rien.
lundi 21 septembre 2026
OSERAIES UNE GARDEN-PARTY FEUTRÉE
On y parle de « mutations contemporaines », d’écosystème et de « dialogue transversal » : trois expressions suffisamment vagues pour donner à un cocktail mondain les apparences d’une révolution intellectuelle émulé par des Marrants florentins, sorte de philosophie à la "Pascal". Le jargon a ceci de merveilleux qu’il peut transformer un entre-soi en « think tank ». En période où la guerre se fait plus présente, le président a trouvé cela de bon aloi ; Une "garden party" en vision stratégique, sorte de "gabegie la magnifique", une de plus de la mode française sous perfusion de l'état du pays de Charlemagne.
On célèbre ici surtout la « transmission entre générations ». Mais, depuis 1987, les mêmes noms, les mêmes écoles et les mêmes réseaux se transmettent en effet le pouvoir avec une admirable régularité. Il faut rendre justice aux dynasties : elles ont compris depuis longtemps que la meilleure façon de moderniser un privilège est de lui donner un vocabulaire archaïsant mais moderne.
jeudi 17 septembre 2026
LA NOSTALGIE EN FLACON
Autrefois, le parfum « remplissait la pièce », et parfois l’immeuble entier, et pour comprendre sa tenue et son prix en 1975, il faut d’abord comprendre ce qu’il y avait dedans et c’était du lourd : Muscs animals, vraie mousse de chêne, matières premières à faire pâlir un droguiste moderne. La parfumerie de l’époque ne faisait pas semblant. On se parfumait une fois le matin, et le sillage vous suivait toute la journée, un peu comme une ex qu’on n’arrive pas à faire décrocher, mais en beaucoup plus agréable.
mercredi 16 septembre 2026
LES TRENTE ÉLUS DE LA COUR MODE
Car dès lors qu’une institution prétend distinguer les « meilleurs », elle ne se contente plus d’organiser un joli spectacle de fin d’études. Elle fabrique une hiérarchie, attribue une visibilité, offre à certains un formidable accélérateur de carrière tandis qu’elle renvoie les autres dans les coulisses avec, pour tout viatique, la consolation républicaine du « continuez à travailler ».
Très bien, mais alors qu’on nous explique les règles du jeu. Quels sont les critères ? Qui compose le jury ? Qu’évalue-t-on : la créativité, la maîtrise technique, la coupe, le textile, la construction, la recherche, l’originalité ? Ou bien mesure-t-on surtout la capacité à parler de mode avec assez d’assurance pour donner l’impression qu’un vêtement est une thèse de sociologie contemporaine ?
mercredi 9 septembre 2026
LA FAILLE DU LUXE
Il y a une poésie étrange dans cette photographie du rouge à lèvres de ma femme : une ligne ténue, presque effacée, d’une élégance involontaire et qui, à elle seule, murmure tout le problème.
Le Seigneur nous vend du rêve, de la sophistication, de l’excellence. On nous parle de haute couture jusque dans la cosmétique, du savoir-faire, du détail précieux, d’objets que l’on garde, que l’on expose presque. Et puis, au bout de quelques utilisations, voilà que l’écrin se fend, la montagne se fissure, le climat se réchauffe – il est vrai – les glaciers fondent… et même le rouge à lèvres Dior n’échappe pas à la tectonique des plaques.
La cosmétologie connaît pourtant admirablement bien le principe : on comble les fissures, on lisse, on repulpe, on corrige, on camoufle, on vend des sérums pour effacer les rides et des crèmes pour réparer les dommages. Mais, qui répare l’emballage quand c’est lui qui devient le dommage ? Et c’est là que commence le véritable scandale, car on pourrait me répondre : « Mais enfin, l’emballage n’est pas le produit ! »… Précisément. Si.
lundi 7 septembre 2026
TROIS CHOCS POUR UN NOUVEAU CYCLE FASHION
Le commerce mondial ainsi que les droits de douane américains ont redéfinis les routes commerciales, forçant ainsi marques et fournisseurs à revoir leurs chaînes d’approvisionnement dans l’urgence. Le consommateur lui joue avec les arbitrages budgétaires qui évoluent. On dépense moins pour la mode et davantage pour d’autres priorités, comme le bien-être et la santé. L’essor rapide de l’intelligence artificielle bouscule également les modèles économiques établis. Ces trois tendances ne sont pas des accidents isolés : elles s’inscrivent dans une transformation de fond, que Canal-luxe.org observe depuis dix ans à travers le secteur.
jeudi 3 septembre 2026
L’AUTODAFÉ DE L’INQUISITION MODE
Voici l’ère des hystériques du « posting instagramique », des exhibitionnistes du tweet, des épileptiques de la story qui se croient penseurs parce qu’ils ont lu un résumé de Rimbaud sur un « Live Instagram » cette engeance qui nous impose sa liturgie du vide : la messe du fessier hissée au rang de manifeste, l’évangile selon Saint Postérieur.
jeudi 21 mai 2026
THE TRIUMPH OF WATCHLESS SNEAKERHEADS
Let’s call them what they are: the new pavement speculators. A generation raised on Nike drops, Adidas bots, and graphics card resellers, who woke up one morning to discover that luxury goods also came with waiting lines. And that the old guard of the industry, too busy talking about craftsmanship and manufacture, had not yet invented an anti-scalping bot. So they came, methodical, organized, perfectly indifferent to the octagonal bezel and everything it stands for. Their entire watchmaking culture can be summed up in one sentence: “It resells well, bro.” They know absolutely nothing about Gérald Genta, they have never heard of Le Brassus, and the difference between an automatic movement and a quartz movement inspires the same shrug as the difference between Château Pétrus and a strawberry yogurt drink.
mercredi 20 mai 2026
THE BLAZY EFFECT
On the operational side, the house confirms its resilience: operating income rose 5.2% to reach $4.7 billion, reflecting the efforts made to reorganize teams and strengthen production capabilities. A shadow on the horizon, however net profit fell sharply by 14.3%, dropping to $2.9 billion in 2025, a decline that raises questions despite the otherwise solid performance of the remaining financial indicators.
Why is Matthieu Blazy such a success? The answer lies in his rare ability to blend heritage with modernity. Trained under the wing of Raf Simons and then Martin Margiela, Blazy built his reputation at Bottega Veneta, where he transformed the Italian house into one of the most coveted brands of his generation. At Chanel, he brings the same philosophy a deep respect for savoir-faire and craftsmanship, combined with a sharp, contemporary vision that speaks to a new, younger generation of luxury consumers.
mardi 19 mai 2026
UN MANOIR ENTRE COUTURE ET ARISTOCRATIE
Le lieu doit sa légende à Karl Lagerfeld, qui acquiert le manoir en 1986 pour en faire à la fois un refuge de campagne et un véritable laboratoire esthétique. Le couturier y organise des séances photo pour Chanel avec des figures emblématiques comme Inès de La Fressange ou Tatjana Patitz, transformant les jardins en décor de mode presque cinématographique. En 1998, Lagerfeld revend la propriété à la Princesse Caroline de Monaco et au prince Ernst August de Hanovre. La demeure change alors d’atmosphère : moins atelier créatif, davantage maison familiale discrète, loin des éclats monégasques et des objectifs des photographes.
Au fil des années, le Manoir du Mée est devenu une sorte de capsule temporelle mêlant noblesse du XVIIIe siècle, élégance parisienne, héritage Chanel et souvenirs princiers. Une anecdote raconte même qu’un dessin réalisé enfant par la princesse Alexandra subsisterait encore sur une poutre intérieure, détail fragile et poétique laissé par le passage du temps.
lundi 18 mai 2026
MARC JACOBS QUITTE LE PALACE POUR L’USINE À MARQUES
La vraie ironie, c’est que Marc (comme on dit dans la mode) reste directeur artistique. Ainsi on change le propriétaire des murs, mais on garde l’artiste dans l’atelier, qui n’y met jamais les pieds, histoire de préserver un peu d’ADN avant l’inévitable avalanche de licences, capsules, sneakers “iconiques” et parfums vendus entre deux escalators d’aéroport. Bienvenue dans la grande usine mondiale du luxe émotionnel.
Quand Le seigneur des Arnault avait récupéré la marque en 1997, Marc Jacobs incarnait encore cette mode new-yorkaise nerveuse, imprévisible, légèrement insolente. Aujourd’hui, même les rebelles finissent dans des tableurs Excel. La mode adore parler de créativité, elle finit toujours par parler de valorisation.












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