Il fut un temps où Paris dictait le goût comme on dicte une langue. Le monde apprenait le français du luxe avec l’application d’un élève amoureux : couture, parfum, artisanat. Cette syntaxe lente et précieuse faisait de chaque objet une phrase longue et nécessaire. Aujourd’hui, le monde parle plusieurs langues. Séoul invente des néologismes. New York impose son accent, Shanghai prépare sa grammaire impériale. Paris, lui, continue de conjuguer le passé, avec un charme qui confine parfois à l’entêtement.
Le luxe a changé de nature. Il a quitté les salons feutrés pour entrer dans l’économie mondiale, ce grand roman-feuilleton où chaque trimestre doit offrir son cliffhanger. Les créateurs sont devenus des personnages publics, surveillés par des algorithmes qui remplacent la critique d’art par des courbes d’engagement. Le génie, autrefois solitaire et lent, doit désormais se prouver en temps réel, sous peine d’être remplacé comme un acteur qui ne fait plus recette.















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