jeudi 24 septembre 2026

DÉFILÉ POST APOCALYPSE CHIC


Il paraît que le vestiaire d’aujourd’hui, ressemble à ça : des mannequins qui semblent sorties tout droit d’une bouche d’égout, vêtements en lambeaux, ourlets effilochés comme si elles avaient survécu à une explosion dans une usine textile de Mumbai. On appelle ça de la « mode déconstruite », du « grunge de luxe », de « l’esthétique post-apocalyptique revisitée par un directeur artistique « Kean, pour ne pas le nommé, qui n’est jamais certainement descendu dans le métro à l’heure de pointe ». Il est un adepte de la société de Wladimir Putin pour simuler ses vêtements après un essaim de drones Ukrainien.

mercredi 23 septembre 2026

L’ÉCHO DES LOUPS ET LE SACRIFICE DES INVISIBLES

Il y a une chose que j’ai apprise, dans ce siècle qui n’en finit pas de se dévorer lui-même : les loups les plus dangereux ne portent jamais de fourrure. Ils portent des costumes gris, ils ont des bureaux tapissés de marbre froid et d’or 24 carats. Ils redessinent les frontières du monde avec la nonchalance de gens qui jouent au bridge entre deux rendez-vous.

Je les ai connus, ces maîtres de l’illusion. Ils parlent de paix comme d’autres parlent du temps qu’il fait avec cette légèreté qui ne coûte rien tout en signant de la même main des contrats qui feront pleuvoir le fer sur des villes qu’ils ne visiteront jamais. Ils agitent des drapeaux avec une ferveur touchante. Mais, je n’ai jamais vu un de ces hommes-là verser une seule goutte de son propre sang pour son pays. C’est une race à part, celle qui a inventé le patriotisme par procuration.

Car voici le tour de passe-passe, et il est vieux comme la bêtise humaine : quand le canon se met à sonner, ce ne sont jamais leurs fils qui montent dans les trains. Les fils des puissants ont déjà pris le large vers une île, un chalet, un endroit sans nom sur une carte que les drones ignorent. Pour eux, la guerre est une partie d’échecs qu’on regarde depuis la terrasse, un verre à la main, en déplaçant des pions qui ont, eux, un cœur qui bat et une mère qui pleure.

mardi 22 septembre 2026

J’ACCUSE LA VACUITÉ ÉRIGÉE EN COLLECTION

Pour le printemps, Yuhan Wang, nous propose une chambre; « à coucher dehors », comme on jette sur le trottoir les meubles d’un appartement qu’on vide à la hâte ! Sorte de champ de bataille improvisé pour bimbos en goguette, décor sans « des seins », intention sans architecture pour une pensée rare de la poétique du laid. La créatrice, qui croit savoir faire de la couture, associe une fragilité feinte à un romantisme de pacotille, un romantisme sans auteur, sans phrase, sans soleil. Mais, grands dieux, qu’on me trouve donc un seul roman, un seul vers, qui ait inspiré cette débauche de mièvrerie ! Il n’y a que l’idée d’une couture fantôme sur papier peint de bordel de campagne.

J’accuse cette chambre à coucher, qui aurait dû être le plus intime des théâtres et qui n’est plus qu’une scène sans metteur en scène, un décor où personne ne sait plus jouer sa propre pièce. Sa démarche ? Il faudrait le demander au Marrant, cette anthropologue de la mode qui, seule, a gardé l’œil assez neuf pour observer l’espèce humaine sans en avoir honte. C’est qu’il y a là un crime dont on ne parle jamais, un crime sans bruit ni sang, le seul vraiment parfait : celui qu’on commet en détournant les yeux. On regarde sans voir, on hausse les épaules avec cette élégance particulière des gens qui ne veulent rien savoir, et on passe. On passe surtout par la rue Saint-Denis, parce que c’est encore le chemin le plus court pour ne rien changer à rien.

lundi 21 septembre 2026

OSERAIES UNE GARDEN-PARTY FEUTRÉE

"J'Oseraies" le dire, dans les jardins privés de Didier Grumler où la mode, chaque année, réfléchit à son avenir entre personnes qui en connaissaient déjà le passé, et dans un fauteuil roulant où le temps a visiblement déjà élu domicile.

On y parle de « mutations contemporaines », d’écosystème et de « dialogue transversal » : trois expressions suffisamment vagues pour donner à un cocktail mondain les apparences d’une révolution intellectuelle émulé par des Marrants florentins, sorte de philosophie à la "Pascal". Le jargon a ceci de merveilleux qu’il peut transformer un entre-soi en « think tank ». En période où la guerre se fait plus présente, le président a trouvé cela de bon aloi ; Une "garden party" en vision stratégique, sorte de "gabegie la magnifique", une de plus de la mode française sous perfusion de l'état du pays de Charlemagne.

On célèbre ici surtout la « transmission entre générations ». Mais, depuis 1987, les mêmes noms, les mêmes écoles et les mêmes réseaux se transmettent en effet le pouvoir avec une admirable régularité. Il faut rendre justice aux dynasties : elles ont compris depuis longtemps que la meilleure façon de moderniser un privilège est de lui donner un vocabulaire archaïsant mais moderne.

jeudi 17 septembre 2026

LA NOSTALGIE EN FLACON

Pourquoi nos parfums des années 70 n’ont plus le même prix, ni la même fragrance ?. « Comparaison n’est pas raison », dit le proverbe, et en matière de parfum, il a bien raison, le bougre. Convertir les francs de 1975 en euros pour comparer un flacon d’hier à celui d’aujourd’hui, c’est un peu comme comparer une 2 CV à une Porsche sous prétexte qu’elles ont toutes les deux un volant : le calcul tient sur le papier, pas dans la vraie vie. En cinquante ans, ce n’est pas juste l’étiquette qui a changé, c’est toute une civilisation olfactive qui s’est évaporée.

Autrefois, le parfum « remplissait la pièce », et parfois l’immeuble entier, et pour comprendre sa tenue et son prix en 1975, il faut d’abord comprendre ce qu’il y avait dedans et c’était du lourd : Muscs animals, vraie mousse de chêne, matières premières à faire pâlir un droguiste moderne. La parfumerie de l’époque ne faisait pas semblant. On se parfumait une fois le matin, et le sillage vous suivait toute la journée, un peu comme une ex qu’on n’arrive pas à faire décrocher, mais en beaucoup plus agréable.

mercredi 16 septembre 2026

LES TRENTE ÉLUS DE LA COUR MODE

Il était une fois une école française de la mode, prestigieuse dit-on, institutionnelle probablement, mais surtout parfaitement installée dans le paysage parisien après avoir fait disparaitre les Ecoles de la Chambre Syndicale. Elle décida que trente de ses élèves avaient assez de talent pour défiler à l’ouverture de la Fashion Week de Paris. Trente élus, et comme dans toutes les monarchies qui se respectent, une question inconvenante finit par surgir : qui les a choisis ? Et surtout, pourquoi eux ? La question n’est pas mesquine, elle est fondamentale.

Car dès lors qu’une institution prétend distinguer les « meilleurs », elle ne se contente plus d’organiser un joli spectacle de fin d’études. Elle fabrique une hiérarchie, attribue une visibilité, offre à certains un formidable accélérateur de carrière tandis qu’elle renvoie les autres dans les coulisses avec, pour tout viatique, la consolation républicaine du « continuez à travailler ».

Très bien, mais alors qu’on nous explique les règles du jeu. Quels sont les critères ? Qui compose le jury ? Qu’évalue-t-on : la créativité, la maîtrise technique, la coupe, le textile, la construction, la recherche, l’originalité ? Ou bien mesure-t-on surtout la capacité à parler de mode avec assez d’assurance pour donner l’impression qu’un vêtement est une thèse de sociologie contemporaine ?

mercredi 9 septembre 2026

LA FAILLE DU LUXE


Il y a une poésie étrange dans cette photographie du rouge à lèvres de ma femme : une ligne ténue, presque effacée, d’une élégance involontaire et qui, à elle seule, murmure tout le problème.

Le Seigneur nous vend du rêve, de la sophistication, de l’excellence. On nous parle de haute couture jusque dans la cosmétique, du savoir-faire, du détail précieux, d’objets que l’on garde, que l’on expose presque. Et puis, au bout de quelques utilisations, voilà que l’écrin se fend, la montagne se fissure, le climat se réchauffe – il est vrai – les glaciers fondent… et même le rouge à lèvres Dior n’échappe pas à la tectonique des plaques.

La cosmétologie connaît pourtant admirablement bien le principe : on comble les fissures, on lisse, on repulpe, on corrige, on camoufle, on vend des sérums pour effacer les rides et des crèmes pour réparer les dommages. Mais, qui répare l’emballage quand c’est lui qui devient le dommage ? Et c’est là que commence le véritable scandale, car on pourrait me répondre : « Mais enfin, l’emballage n’est pas le produit ! »… Précisément. Si.

lundi 7 septembre 2026

TROIS CHOCS POUR UN NOUVEAU CYCLE FASHION

Voici ma vision de 2027, en deux mots : moins d’incertitude, davantage d’instabilité. Le temps où les dirigeants pouvaient attendre que les turbulences se dissipent est révolu. Dans la mode, il faudra désormais piloter dans un environnement où les chocs ne se succèdent plus : ils s’additionnent, se répondent et se renforcent. Trois bouleversements, en particulier, vont ainsi redessiner les règles du jeu du secteur.

Le commerce mondial ainsi que les droits de douane américains ont redéfinis les routes commerciales, forçant ainsi marques et fournisseurs à revoir leurs chaînes d’approvisionnement dans l’urgence. Le consommateur lui joue avec les arbitrages budgétaires qui évoluent. On dépense moins pour la mode et davantage pour d’autres priorités, comme le bien-être et la santé. L’essor rapide de l’intelligence artificielle bouscule également les modèles économiques établis. Ces trois tendances ne sont pas des accidents isolés : elles s’inscrivent dans une transformation de fond, que Canal-luxe.org observe depuis dix ans à travers le secteur.

jeudi 3 septembre 2026

L’AUTODAFÉ DE L’INQUISITION MODE


La bêtise d’autrui a ceci de délicieux qu’elle nous dispense d’inventorier la nôtre, et si l’on devait un jour couronner le narcissisme numérique, reine des vertus, alors le « Selfesse », cette offrande fessière au dieu Meta, ce fondement sans fondement deviendrait l’étalon officiel de notre déchéance.

Voici l’ère des hystériques du « posting instagramique », des exhibitionnistes du tweet, des épileptiques de la story qui se croient penseurs parce qu’ils ont lu un résumé de Rimbaud sur un « Live Instagram » cette engeance qui nous impose sa liturgie du vide : la messe du fessier hissée au rang de manifeste, l’évangile selon Saint Postérieur.

jeudi 21 mai 2026

THE TRIUMPH OF WATCHLESS SNEAKERHEADS

They arrived in hoodies, hands buried in their pockets, eyes glued to their phones. Not to the dial of a watch, since they do not wear one, but to their phones where the Vinted app is already open and ready to upload a product listing written the night before while they were standing in line. The photo? Snapped hastily on the sidewalk, the watch still in its box. The price? €1,200. The description? “Never worn.” Of course never worn. It did not survive ten minutes on their wrist. In fact, it was never meant to.

Let’s call them what they are: the new pavement speculators. A generation raised on Nike drops, Adidas bots, and graphics card resellers, who woke up one morning to discover that luxury goods also came with waiting lines. And that the old guard of the industry, too busy talking about craftsmanship and manufacture, had not yet invented an anti-scalping bot. So they came, methodical, organized, perfectly indifferent to the octagonal bezel and everything it stands for. Their entire watchmaking culture can be summed up in one sentence: “It resells well, bro.” They know absolutely nothing about Gérald Genta, they have never heard of Le Brassus, and the difference between an automatic movement and a quartz movement inspires the same shrug as the difference between Château Pétrus and a strawberry yogurt drink.

mercredi 20 mai 2026

THE BLAZY EFFECT

After a difficult year marked by a decline in sales, Chanel is finding its way back to growth. The prestigious French fashion house reports annual revenues of $19.3 billion, up 3% at current exchange rates, representing a 1.8% increase on a comparable basis. This recovery, as encouraging as it is symbolic, comes in a still fragile environment, particularly due to the persistent slowdown in luxury spending in mainland China, which had weighed heavily on the previous year’s results.

On the operational side, the house confirms its resilience: operating income rose 5.2% to reach $4.7 billion, reflecting the efforts made to reorganize teams and strengthen production capabilities. A shadow on the horizon, however net profit fell sharply by 14.3%, dropping to $2.9 billion in 2025, a decline that raises questions despite the otherwise solid performance of the remaining financial indicators.

Why is Matthieu Blazy such a success? The answer lies in his rare ability to blend heritage with modernity. Trained under the wing of Raf Simons and then Martin Margiela, Blazy built his reputation at Bottega Veneta, where he transformed the Italian house into one of the most coveted brands of his generation. At Chanel, he brings the same philosophy a deep respect for savoir-faire and craftsmanship, combined with a sharp, contemporary vision that speaks to a new, younger generation of luxury consumers.

mardi 19 mai 2026

UN MANOIR ENTRE COUTURE ET ARISTOCRATIE

À moins d’une heure de Paris, le Manoir du Mée semble sorti d’un roman français où la haute couture croise l’aristocratie dans un parfum de roses anciennes et de boiseries cirées. Cette élégante demeure du XVIIIe siècle vient d’être mise sur le marché pour environ 3,18 millions de dollars. Construite en 1749, la propriété développe près de 500 m² habitables au cœur d’un parc paysager de 5 000 m², avec cheminées en marbre, parquets Versailles, cave à vin, maison d’amis et vaste garage pour vos collections.

Le lieu doit sa légende à Karl Lagerfeld, qui acquiert le manoir en 1986 pour en faire à la fois un refuge de campagne et un véritable laboratoire esthétique. Le couturier y organise des séances photo pour Chanel avec des figures emblématiques comme Inès de La Fressange ou Tatjana Patitz, transformant les jardins en décor de mode presque cinématographique. En 1998, Lagerfeld revend la propriété à la Princesse Caroline de Monaco et au prince Ernst August de Hanovre. La demeure change alors d’atmosphère : moins atelier créatif, davantage maison familiale discrète, loin des éclats monégasques et des objectifs des photographes.

Au fil des années, le Manoir du Mée est devenu une sorte de capsule temporelle mêlant noblesse du XVIIIe siècle, élégance parisienne, héritage Chanel et souvenirs princiers. Une anecdote raconte même qu’un dessin réalisé enfant par la princesse Alexandra subsisterait encore sur une poutre intérieure, détail fragile et poétique laissé par le passage du temps.

lundi 18 mai 2026

MARC JACOBS QUITTE LE PALACE POUR L’USINE À MARQUES

Chez LVMH, on vend rarement une maison, car en général, Bernard Arnault collectionne les marques comme d’autres collectionnent les tableaux flamands ou les vignobles de moins d’un « nectar », alors voir Marc Jacobs partir chez WHP Global pour 1,2 milliard d’euros ressemble moins à une simple transaction qu’à un grand ménage de vigogne, ce camélidé des Andes.

La vraie ironie, c’est que Marc (comme on dit dans la mode) reste directeur artistique. Ainsi on change le propriétaire des murs, mais on garde l’artiste dans l’atelier, qui n’y met jamais les pieds, histoire de préserver un peu d’ADN avant l’inévitable avalanche de licences, capsules, sneakers “iconiques” et parfums vendus entre deux escalators d’aéroport. Bienvenue dans la grande usine mondiale du luxe émotionnel.

Quand Le seigneur des Arnault avait récupéré la marque en 1997, Marc Jacobs incarnait encore cette mode new-yorkaise nerveuse, imprévisible, légèrement insolente. Aujourd’hui, même les rebelles finissent dans des tableurs Excel. La mode adore parler de créativité, elle finit toujours par parler de valorisation.

mercredi 13 mai 2026

ALIBABA ET LES QUARANTE BANDEURS DU PONT NEUF

Paname étouffe déjà sous les barrières, les travaux, les files de vélos et les voitures figées comme des figurants oubliés dans un mauvais rêve, et voici qu’arrive maintenant La Caverne du Pont Neuf. Après Christo, il y a quarante ans, JR choisit cette fois de le transformer en carrière de pierres géantes, pour un décor de parc d’attractions minéral posé au milieu d’une capitale déjà congestionnée.

On nous parle d’un « dialogue entre passé et présent », mais le seul dialogue que les Parisiens entendent encore, c’est celui des klaxons qui réverbèrent entre la Samaritaine et « l’autel » du cheval blanc du seigneur des Arnault. Une caverne pour une allégorie, sorte de réflexion que Platon dans « La République » met en scène : des humains enchaînés et immobilisés dans une caverne qui tournent le dos à l’entrée et voient non pas les objets, mais les ombres, à l’orée du BHV, la grotte de Dubuffet Campagnard Gratuits, cela a du sens. Les bimbos ne comprendront pas ce clin d’oeil, mais cela n’est pas grave.

Certes, les promoteurs du projet jurent comme des manifestants aphones qu’aucun financement public n’est engagé. Mais à Paris, même les œuvres prétendument gratuites, finissent toujours par coûter quelque chose aux contribuables : circulation paralysée, sécurité mobilisée, nettoyage, logistique, occupation de l’espace public. Pendant qu’on transforme le Pont Neuf en une grotte conceptuelle pour promeneurs en quête de selfie minéral, les rues voisines deviennent un labyrinthe d’embouteillages et de détours, et pour rentrer à la maison, c’est plus difficile.

lundi 11 mai 2026

CHOPARD AND ITS FACE

Over the decades, Isabelle Huppert has walked more red carpets than the Cannes Film Festival has grains of sand along the Croisette. This year once again, at the Festival de Cannes, she becomes godmother of the Trophée Chopard, succeeding Demi Moore and Julia Roberts. Yet another consecration for this towering actress… although, for many people of our generation, the suspense no longer lies in her films but in facial recognition itself. Between facelifts, touch-ups, and dermatological miracles worthy of a Haussmann-era reconstruction project, some are still searching for Isabelle Huppert the way one searches for an old friend behind an Instagram filter.

Caroline Scheufele, co-president of Chopard, 64 years old (yes, I know it is considered impolite to mention the age of a woman who looks thirty years younger), speaks of a deep artistic affinity.

mercredi 29 avril 2026

LE GRAND BASCULEMENT DES MARQUES


Un basculement silencieux, mais irrésistible comme la marée du Mont-Saint-Michel : longtemps, les grandes marques occidentales ont régné sans partage sur les imaginaires et les marchés du monde. Aujourd’hui, l’équilibre se fissure, notamment en Chine, où la dynamique n’est plus celle d’une fascination unilatérale, mais d’une concurrence vive, structurée et de plus en plus confiante.

mardi 28 avril 2026

LA GEN Z INDULGENTE FACE À L’AUTORITARISME


Il flotte dans l’air du temps une fascination inattendue par la Gen Z, une partie de nos jeunes générations, nées dans des sociétés ouvertes et démocratiques, semble aujourd’hui regarder ailleurs, vers des modèles politiques autoritaires, avec une curiosité parfois troublante. La Chine, notamment, devient pour certains un objet d’admiration autant que d’interrogation.

Derrière cette attirance, il y a moins un rejet frontal de la démocratie qu’un désenchantement diffus. Trop de complexité, trop de lenteur, trop de débats sans fin dans le pays des droits de l’homme. À l’inverse, les régimes autoritaires apparaissent comme des machines efficaces, capables d’imposer une direction claire, d’agir vite, de construire sans entrave visible.

C’est dans ce contexte qu’émerge une figure symbolique, presque romanesque : Jordan, 28 ans, que certains surnomment ironiquement “le bienheureux”. Il incarne cette génération qui ne rejette pas la modernité mais la redéfinit. Pour lui, la liberté ne passe plus nécessairement par le débat ou le pluralisme, mais par l’accès, la fluidité, la consommation. Un monde ordonné, connecté, où tout fonctionne de façon binaire plus simple, voilà sa promesse.

lundi 27 avril 2026

FLIGHT JACKET : DU COCKPIT AU MYTHE

Tandis que le retour feutré de la guerre se fait entendre, les vêtements militaires, autrefois, s’imposaient comme des pièces emblématiques du vestiaire masculin se transformant au rythme de l’essor de l’aviation. Ainsi, pour résister au froid sans entraver les mouvements, sont créés des combinaisons et blousons de cuir, remplaçant les manteaux encombrants des premiers pilotes. Dès 1915, des modèles adaptés apparaissent, comme le blouson porté par Manfred von Richthofen, appelé aussi le Baron rouge.

Dans les années 1930, le « Bombardier américain » en peau retournée devient une pièce clé, avant d’être amélioré pour s’adapter aux contraintes des cockpits. Ce vêtement, popularisé ensuite par des marques spécialisées, s’inscrit durablement dans l’histoire. Parallèlement, des aviatrices comme Elinor Smith ou Amelia Earhart adoptent ces tenues plus pratiques.

Les blousons deviennent aussi des supports d’expression : décorés de pin-up, d’insignes ou de symboles, ils racontent les missions et les émotions des pilotes. Certains, comme ceux des Flying Tigers, deviennent des pièces mythiques. Hollywood contribue à forger la légende en mettant en scène ces héros et leurs vestes iconiques, incarnant durablement le rêve américain.

vendredi 24 avril 2026

DGENA DRESSES THE FRENCH MUSIC SCENE


Behind the scenes of the French music scene, a figure moves with the precision of a conductor and boldness. Dgena now extends her influence across the entire French music scene, dressing singers and performers in search of a unique signature. Blending contemporary daring with nods to the icons of the past, her creations converse across eras and styles, shaping a visual language recognizable at first glance.

jeudi 23 avril 2026

LA NOUVELLE BABYLONE

Il l’appelle encore empire, mais aujourd’hui, il a pris le goût d’un cirque fatigué. Ainsi, dans cette Babylone moderne, les étoiles du drapeau ne brillent plus, elles pleurent. Elles coulent en filets lents comme une encre trop lourde, dessinant sur la toile un ciel malade. Le rêve, autrefois sculpté dans le chrome et les promesses, pend maintenant comme une carcasse décorée, chargée de médailles, d’armes et de dettes morales.

Voici donc cette créature, ni homme, ni bête, mais un assemblage, un collage de puissance et de décomposition. Ses yeux sont des pièces de monnaie, fixées là où l’âme aurait dû respirer. Elle ne voit plus, elle calcule, et chaque regard devient transaction, chaque horizon une ligne de crédit.

Comme une archive de guerre : fusil greffé aux os, grenade dans la paume comme un fruit défendu qu’on ne lâche plus. Même la foi, suspendue à son cou, semble peser lourd, comme si le sacré avait été converti en accessoire.

Sous ses pieds, le sol n’est pas de terre, mais le ministère de la guerre, sorte de base à géométrie froide qui n’abrite pas, mais qui surveille. Et là, au bord, une fusée miniature pointe vers le ciel, comme un doigt d’acier accusateur : conquérir, toujours plus haut, toujours plus loin, même quand l’intérieur s’effondre.