MODEPARIS
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jeudi 9 avril 2026
DUA LUPA BREAKFAST AT TIFFANY’S
mercredi 8 avril 2026
DOCTEURS EN TOUT, APPRENTIS EN RIEN
Et voici surgir une génération persuadée de tout savoir, et qui pense qu’une entremetteuse est une marchande d’entremets. À peine sortie de l’adolescence, déjà bardée de certitudes et peu de diplôme, ils ont un avis sur tout et surtout un avis ! Les voilà docteurs en géopolitique au petit déjeuner, sociologues à midi, philosophes après le café. Leur science tient dans la paume d’une main : un écran avec un fil d’actualités, et trois vidéos regardées en diagonale.
Mais, ils ne supportent pas la contradiction et la critique les blesse comme une gifle. L’expérience les agace. L’âge devient une injure. Les anciens sont rangés dans une catégorie pratique : “les vieux”. Mot commode et mot tiroir, mot poubelle car on y jette tout ce qui dérange : la mémoire, le recul, l’expérience, parfois même la sagesse.
mardi 7 avril 2026
LE LUXE FACE AU DROIT
Un géant du luxe, sûr de son emprise sur la pierre comme un Seigneur sur l’immobilier de la côte Atlantique, décide de reprendre possession de ses murs. Geste banal en apparence, après tout, quoi de plus naturel, pour un propriétaire que de disposer de son bien ? Sauf que nous ne sommes pas ici dans une simple relation immobilière. Nous sommes dans un écosystème où le droit, patiemment construit, protège l’équilibre contre l’arbitraire, surtout pour les riches ; parole de coiffeur, il est interdit de descendre « avant la raie. »
Face à lui, un cabinet d’affaires, parmi les plus puissants au monde, sorti premier d’un concours de circonstances, pas un locataire fragile, pas une petite structure condamnée à subir : Non, mais une machine juridique, parfaitement consciente de ses droits, rompue aux batailles de haut niveau, mais surtout, déterminée à ne pas céder à une logique de faits accomplis.
jeudi 2 avril 2026
CORINNE COBSON VOUS CONNAISSEZ ?
Très vite, elle impose une silhouette. Chez elle, la femme n’est ni figée ni décorative. Elle bouge, elle danse, elle traverse la nuit. Ses vêtements mêlent influences masculines et sensualité discrète, avec des coupes fluides, des matières naturelles, et ce je-ne-sais-quoi d’insouciance élégante. Elle habille une génération qui ne veut plus choisir entre confort et style.
Dans les années 1980, son succès explose. La marque Corinne Cobson devient emblématique d’un certain esprit parisien : libre, moderne, un peu bohème mais toujours maîtrisé. Ses boutiques s’ouvrent, son nom circule, et ses collections accompagnent les femmes dans leur quotidien comme dans leurs échappées nocturnes.
mercredi 1 avril 2026
LES LUNETTES DE L’IMPOSTURE
jeudi 26 mars 2026
LE BOUFFON DU MONT-SAINT-MICHEL
Il fallait bien qu’un jour le Mont-Saint-Michel rencontre son bouffon. Depuis treize siècles, le rocher a vu passer des pèlerins, des rois, des armées, des marées capables d’avaler des régiments entiers. Mais, il lui manquait encore une apparition plus rare : le petit stratège publicitaire persuadé qu’un monument millénaire n’est qu’un fond d’écran pour sac à main miniature.
Voici donc Jacquemus, enfant supposé de Provence, qui débarque au pied de l’archange comme un touriste pressé qui aurait confondu patrimoine national et studio Instagram. Le Mont-Saint-Michel, vieux seigneur de granit dressé dans la baie, devient soudain accessoire de campagne, et pas municipale. Ce petit Typhus ne demande pas l’autorisation car l’éthique, dans certaines maisons de mode, reste un tissu bubonique qu’on coupe volontiers pour faire des économies, afin de garder les chandelles.
mardi 24 mars 2026
ALICE SOUS LA ROBE NOIRE DE SHEIN
Derrière l’image lisse d’une apparition radieuse se cache une tension délicieuse pour Monsieur « Riz Volant ». Une robe accessible à tous qui ose frôler l’inaccessible, un bijou aristocratique posé comme un sceau en équilibre d’une plastique provocante, en bousculant les codes établis, elle évolue entre simplicité affichée, et audace presque subversive.
Comment une telle figure peut-elle à la fois incarner la délicatesse d’un murmure et provoquer, par un simple choix vestimentaire, une onde de choc dans l’ordre bien rangé du paraître ? On croirait voir l’ombre de Arès se glisser sous la robe de lycra. C’est ce paradoxe vibrant que ce tableau vous invite à explorer, là où l’élégance devient déclaration, et où l’amour du beau flirte, dans une forme de défi.
lundi 23 mars 2026
LE VOYAGE DE PLUMES DE LOLA
Là, sous ses mains patientes, une malle s’est élevée, non point simple objet, mais reliquaire d’itinérance et de liberté. Elle ne s’offre pas seulement au regard ; elle appelle aux souvenirs, elle convoque les routes anciennes où l’homme, chargé de ses songes, traversait les frontières du visible et de l’intime.
Plus de sept cents heures ont été consacrées à cette œuvre, comme autant de veilles silencieuses où l’artisan devient presque pèlerin. Le peuplier, humble et fidèle, s’unit au cuir noble et à l’Alcantara, aux douceurs feutrées. Et voici que surgissent les plumes, légères comme des confidences murmurées au vent, parées de couleurs que la nature seule a su composer, selon des rites anciens que le temps n’a point altérés. Ainsi, la tradition ne se fige pas : elle respire encore, transmise par des mains qui l’honorent.
vendredi 20 mars 2026
LA FASHION DE PARIS SUITE ET « FAIM »
La mode avance ainsi avec l’énergie d’une conversation brillante avec des sots incultes. Elle parle d’audace, d’imagination, de mouvement. Elle invite à regarder le monde autrement, et elle avance avec la superbe d’un cancre qui se prend pour Oscar Wilde. Elle demande qu’on regarde le monde à travers le cul d’une bouteille, qu’on s’affuble de couleurs à vomir, de coupes grotesques, d’idées à la noix, pour une bouteille qui finit toujours au fond du rectum.
Et puis il y a les dirigeants.
Chez eux, la fantaisie se fait souvent rare, leurs regards expriment « l’ennui, la concentration blazée sur leur téléphone, la gravité d’un fonctionnaire qui se noie dans sa paperasserie ».
Il suffit parfois de les observer un moment, assis côte à côte. Les regards racontent beaucoup. Certains yeux paraissent ailleurs, comme s’ils attendaient que le temps passe, et d’autres encore scrutent le vide avec cette gravité qui donne l’impression qu’une réunion interminable vient de commencer… dans leur tête.
mercredi 18 mars 2026
NOS PROGÉNITURES MOINS INTELLIGENTES QUE NOUS
L’intelligence se déplace. Elle ne disparaît pas, elle se reconfigure. On pourrait dire qu’elle migre du cerveau individuel vers un cerveau collectif, fait de réseaux, de données, d’IA. L’enfant est intelligent autrement, comme un navigateur dans un océan d’informations, là où ses parents étaient des bâtisseurs de bibliothèques intérieures.
mardi 17 mars 2026
LES DUCS DU DIVIDENDE ET LA CHUTE DES PERRUQUES DORÉES
Lundi, au grand château des Marchés, les lustres ont vacillé. Non pas à cause d’un courant d’air, mais parce que le vent du Moyen-Orient soufflait jusque dans les coffres dorés.
Le Baron de Richemont, Serrurier des Horloges, a trébuché dans l’escalier de marbre, perdant 5,7 pour cent de sa superbe.
Le Prince de Venise, drapé dans un manteau en cachemire dramatique, a laissé choir 5 pour cent de panache.
Le Duc Cucinelli de la Truffe Cachemire a soupiré 4,6 pour cent plus bas, comme si son expresso avait refroidi.
Le Comte de Burberry des Brumes Imperméables a glissé sur une flaque londonienne imaginaire.
Le Seigneur des Arnault du Vallon Monogrammé a vu son carrosse perdre quelques roues dorées.
Et même, le très altier Duc d’Hermès du Harnais de Bimbos, habituellement perché à mille neuf cent soixante-sept écus d’altitude, a senti le plancher craquer.
Outre-Atlantique, au royaume de Wall Street-sur-Hudson, la cour n’était guère plus stable.
lundi 16 mars 2026
LA MARCHE SECRÈTE D’ADÈLE BERRY
Le jour, la vie semble s’écouler pour elle comme un fleuve qu’on regarde passer sans jamais y plonger. Les pavés de Londres résonnent des pas pressés des marchands, des cris rauques des marins, des chansons vagabondes qui montent des tavernes. Tout cela appartient aux autres. Adèle, elle, demeure immobile comme une fleur oubliée derrière une vitre.
Mais certaines nuits ont leurs prodiges. Et une simple paire de bottines, comme le masque de Jill Carrey, venue on ne sait d’où, ouvre soudainement la porte d’un autre royaume. Lorsque l’ombre envahit la ville et que les maisons s’assoupissent sous le voile nocturne, Adèle se lève. Miracle discret, presque clandestin, comme si la nuit elle-même lui prêtait ses ailes. Alors commence une autre existence.
vendredi 13 mars 2026
UNE COLLECTION ENTRE PROVOCATION ET DIGESTION DIFFICILE
Voici l’une de ces curiosités qui nous raconte une enfance pauvre à Cartierville face à une enfance dorée à Westmount. Le récit est livré comme une révélation sociologique, mais il sonne plutôt comme un vieux scénario recyclé mille fois dans les écoles d’art : la lutte mythologique entre le pauvre authentique et le riche glacé. Une fable si prévisible qu’elle ressemble à une dissertation d’étudiant qui aurait découvert la lutte des classes un mardi soir, avec le comble de l’adresse, lire le bottin.
Le souvenir de l’arrêt de bus sous la neige pour une « causette », qui regarde la voiture de sport, les vitres teintées et sa famille parfaite… On attend presque qu’un violon se mette à jouer en arrière plan. Et voilà que ce souvenir devient le carburant à « 120 dollars le baril », d’une collection prétendant “disséquer les codes du luxe”. Métaphoriseur de mots ampoulés, grand diseur de faire savoir sur le savoir-faire, mais surtout dogmatiseur et préconiseur qui jette les symboles du luxe dans un blender conceptuel.
Trois tableaux de pouvoir, nous dit-on :
le pouvoir des archétypes,
le pouvoir de la communauté,
le pouvoir de l’avenir.
jeudi 12 mars 2026
LITKOVSKA LA LUMIÈRE DANS L’OMBRE
Cette saison, la maison LITKOVSKA paraît pour la première fois au calendrier officiel de la Fashion Week de Paris avec sa collection Automne-Hiver 2026/27, FIREFLY. Elle naît d’une image fragile, presque nocturne : celle d’une lumière obstinée qui refuse de disparaître.
À Kiev, il est des nuits où la ville s’éteint, le courant cesse, le chauffage se tait, l’eau elle-même semble se retirer dans le silence de l’hiver. Alors, les habitants marchent, dans les rues obscures, une lampe au front. De loin, on dirait un ciel renversé sur la terre : de petites étoiles tremblantes qui avancent lentement dans la nuit.
mercredi 11 mars 2026
LOUIS VUITTON LE DÉFILÉ DES SIGNES
Cette collection me laisse une impression curieuse, comme un parfum dilué que l’on reconnaît sans vraiment le retrouver. Rien de franchement raté, bien sûr. Mais une collection en demi-teinte, moins incisive que celles qui ont fait sa réputation depuis son arrivée chez Louis Vuitton. Les volumes, habituellement tranchants comme une architecture mobile, semblaient ici se contenter d’un néo classicisme prudent sans l’être vraiment. Les matières dialoguaient moins entre elles, et l’ensemble évoquait davantage une transition à venir qu’autre chose. Mais, attention toutefois : ne jamais dire du mal de LV, car les foudres du Seigneur s’abattront sur vous comme un missile Iranien.
Pour les première pièces, était-ce un simple clin d’œil amical entre créateurs ? Ou un geste plus subtil, presque théâtral ? Dans un secteur où chaque détail est pesé comme une pierre précieuse, voir un look Owens ouvrir la marche ressemblait à une note discordante volontaire.
dimanche 1 mars 2026
GUCCI OU L’ART DE TROUBLER LE PRINTEMPS
Dans l’ancien site de la foire de Milan, le décor jouait les temples antiques. Des statues de marbre surveillaient les gradins avec la gravité d’un Sénat romain, tandis que le public, lui, murmurait comme une volière de soie. On se serait cru dans une fresque de Jean-Gabriel Domergue où la femme, toujours, triomphe.
Au premier rang, la mythologie moderne : Donatella Versace rayonnait comme une impératrice blonde, tandis qu’ Alessandro Michele, sourire complice, semblait savourer l’instant comme un collectionneur de moments rares. Plus loin, Demi Moore, enlacée à son minuscule chihuahua, incarnait cette idée délicieuse que le glamour adore les contrastes.
Et puis il y avait Demna. Stratège du tissu, sculpteur d’allure, Il n’a pas présenté des vêtements, il a orchestré des silhouettes. Ce qui frappait, c’était la diversité des morphologies, des âges, des présences. Une arche de Noé sensuelle, embarquant toutes les beautés possibles. Le final fut un coup de tonnerre en talons hauts.
Le retour de Karlie Kloss et de Kate Moss en clôture avait la saveur d’un champagne millésimé qu’on croyait disparu de la cave. Robe noire dos nu, vertige textile, et ce string GG en or blanc serti de diamants, clin d’œil incandescent à l’époque Tom Ford une époque où la maison respirait le désir comme un parfum capiteux, dense, presque interdit.
mercredi 25 février 2026
CHRONIQUE D’UN DÉFILÉ SOUS LA TAMISE IMAGINAIRE
mardi 24 février 2026
PLUIE SUR LONDRES, PAILLETTES POUR L’ENNUI
Le défilé s’est tenu au pied du Shard, ce gratte-ciel de Renzo Piano, gigantesque godemichet architectural pointé vers les nuages comme une prière indécente. Difficile de ne pas soupçonner que cette vision verticale ait inspiré la collection, tant elle semblait conçue pour être vue de loin, très loin, idéalement par quelqu’un d’astigmate comme la pyramide de la Reine Magot à Paris.
Les mannequins, drapés de paillettes comme des boules à facettes anthropomorphes, évoluaient devant la skyline londonienne pour un survol au-dessus d’un nid de cocottes consentantes. On aurait juré un enterrement de vie de jeune fille sponsorisé par Swarovski.
L’été dernier, Macdonald avait découvert le Shard au crépuscule après un cocktail de gin arrosé d’un Vermouth à la Elton. Ainsi, ému par les reflets irisés, il obtint la permission d’y organiser son défilé. Il tenta de recréer ces couleurs dans une collection scintillante, prouvant une fois de plus que l’imagination peut être un très beau filtre de lunettes moites pour nuits blanches.
lundi 23 février 2026
FODAY DUMBUYA 2026 LONDRES
L’ikat, le tartan, le coton brodé, la soie imprimée parlaient comme des archives vivantes. Chaque fibre revendiquait un port, un exil, une histoire oubliée. Sur scène, les métiers à tisser « Harris », imperturbables comme des monuments, opposaient leur lenteur obstinée à la tyrannie du jetable. Les tisserands, graves, tissaient autre chose que des étoffes : une révolte patiente, un appel contre l’amnésie culturelle.
Les silhouettes n’ont pas défilé, elles ont explosé. Couleurs insolentes, coupes tranchantes, silhouettes militaires transformées en bannières utopiques. Les robes, trenchs et pantalons devenaient océans, ciels, continents, revendiquant une liberté presque insolente. Dumbuya ne marchait pas sur le fil du portable audacieux : il le faisait vibrer comme une lame, mêlant Denim imprimé, raphia, broderies indiennes et soies chinoises dans une géographie politique du vêtement.
vendredi 20 février 2026
LE LUXE FRANÇAIS AU SOMMET DU PRÉCIPICE
Il fut un temps où Paris dictait le goût comme on dicte une langue. Le monde apprenait le français du luxe avec l’application d’un élève amoureux : couture, parfum, artisanat. Cette syntaxe lente et précieuse faisait de chaque objet une phrase longue et nécessaire. Aujourd’hui, le monde parle plusieurs langues. Séoul invente des néologismes. New York impose son accent, Shanghai prépare sa grammaire impériale. Paris, lui, continue de conjuguer le passé, avec un charme qui confine parfois à l’entêtement.
Le luxe a changé de nature. Il a quitté les salons feutrés pour entrer dans l’économie mondiale, ce grand roman-feuilleton où chaque trimestre doit offrir son cliffhanger. Les créateurs sont devenus des personnages publics, surveillés par des algorithmes qui remplacent la critique d’art par des courbes d’engagement. Le génie, autrefois solitaire et lent, doit désormais se prouver en temps réel, sous peine d’être remplacé comme un acteur qui ne fait plus recette.














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