Madonna, en combinaison sexy pour Dolce & Gabbana, 67 ans au compteur est toujours branchée sur la prise haute « pension » de la provocation. L’information circule comme un scoop, alors qu’elle ressemble plutôt à une rediffusion obstinée de l’Ortf. La transgression, ici, n’est plus un geste, mais un réflexe conditionné, un tic de star qui confond scandale et respiration artificielle.
La mode adore les fantômes qui refusent de traverser le miroir. Madonna, jadis sismographe du désir et dynamite culturelle, devient ici vitrine. Non pas icône libre, mais produit sous cellophane, exhibé comme une preuve de concept. Regardez, semble dire la campagne, le temps n’existe pas, la chair ne se fatigue pas, le désir est Photoshop-compatible, pour un mensonge poli, un mensonge luxueux.
Ce n’est pas une femme libre qu’on expose, c’est un cadavre retouché de plastique, pur un corps momifié par la lumière, la chirurgie et la peur panique de disparaître. La chair n’est plus vivante, elle est gérée, administrée, Lissée jusqu’à devenir une surface publicitaire sans histoire ni vérité. Ce n’est pas l’âge qui est montré, c’est son effacement.
Autrefois, grenade dégoupillée dans la culture pop, elle n’est plus qu’un hologramme crispé, condamné à surjouer l’outrage pour masquer le vide. Elle ne choque plus personne. Elle mendie l’attention comme un empire déchu exhibe ses ruines. La provocation est devenue sa perfusion.