Dans l’ancien site de la foire de Milan, le décor jouait les temples antiques. Des statues de marbre surveillaient les gradins avec la gravité d’un Sénat romain, tandis que le public, lui, murmurait comme une volière de soie. On se serait cru dans une fresque de Jean-Gabriel Domergue où la femme, toujours, triomphe.
Au premier rang, la mythologie moderne : Donatella Versace rayonnait comme une impératrice blonde, tandis qu’ Alessandro Michele, sourire complice, semblait savourer l’instant comme un collectionneur de moments rares. Plus loin, Demi Moore, enlacée à son minuscule chihuahua, incarnait cette idée délicieuse que le glamour adore les contrastes.
Et puis il y avait Demna. Stratège du tissu, sculpteur d’allure, Il n’a pas présenté des vêtements, il a orchestré des silhouettes. Ce qui frappait, c’était la diversité des morphologies, des âges, des présences. Une arche de Noé sensuelle, embarquant toutes les beautés possibles. Le final fut un coup de tonnerre en talons hauts.
Le retour de Karlie Kloss et de Kate Moss en clôture avait la saveur d’un champagne millésimé qu’on croyait disparu de la cave. Robe noire dos nu, vertige textile, et ce string GG en or blanc serti de diamants, clin d’œil incandescent à l’époque Tom Ford une époque où la maison respirait le désir comme un parfum capiteux, dense, presque interdit.



















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