Il y a une poésie étrange dans cette photographie du rouge à lèvres de ma femme : une ligne ténue, presque effacée, d’une élégance involontaire et qui, à elle seule, murmure tout le problème.
Le Seigneur nous vend du rêve, de la sophistication, de l’excellence. On nous parle de haute couture jusque dans la cosmétique, du savoir-faire, du détail précieux, d’objets que l’on garde, que l’on expose presque. Et puis, au bout de quelques utilisations, voilà que l’écrin se fend, la montagne se fissure, le climat se réchauffe – il est vrai – les glaciers fondent… et même le rouge à lèvres Dior n’échappe pas à la tectonique des plaques.
La cosmétologie connaît pourtant admirablement bien le principe : on comble les fissures, on lisse, on repulpe, on corrige, on camoufle, on vend des sérums pour effacer les rides et des crèmes pour réparer les dommages. Mais, qui répare l’emballage quand c’est lui qui devient le dommage ? Et c’est là que commence le véritable scandale, car on pourrait me répondre : « Mais enfin, l’emballage n’est pas le produit ! »… Précisément. Si.
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