lundi 23 février 2026

FODAY DUMBUYA 2026 LONDRES

La dernière « collection » de Foday Dumbuya était un procès public contre la médiocrité abyssale de la mode contemporaine, plus proche d’une déclaration de guerre que d’un défilé. On les appelle les podiums traditionnels, sortent d’autels poussiéreux du déjà-vu, qui semblent brûler sous l’impact de cette rafale textile, comme si l’originalité revenait réclamer son territoire à coups de couleurs et de mémoire.

L’ikat, le tartan, le coton brodé, la soie imprimée parlaient comme des archives vivantes. Chaque fibre revendiquait un port, un exil, une histoire oubliée. Sur scène, les métiers à tisser « Harris », imperturbables comme des monuments, opposaient leur lenteur obstinée à la tyrannie du jetable. Les tisserands, graves, tissaient autre chose que des étoffes : une révolte patiente, un appel contre l’amnésie culturelle.

Les silhouettes n’ont pas défilé, elles ont explosé. Couleurs insolentes, coupes tranchantes, silhouettes militaires transformées en bannières utopiques. Les robes, trenchs et pantalons devenaient océans, ciels, continents, revendiquant une liberté presque insolente. Dumbuya ne marchait pas sur le fil du portable audacieux : il le faisait vibrer comme une lame, mêlant Denim imprimé, raphia, broderies indiennes et soies chinoises dans une géographie politique du vêtement.

Chaque détail devenait un geste de résistance : une fleur noire comme une conviction, un manteau blanc qui tord l’idée d’ordre, un tartan qui pulvérise les frontières. Ce défilé n’était pas un moment de mode, mais une insurrection esthétique et intellectuelle, une rafale de sens tirée à bout portant contre le conformisme. Pourquoi pas !

FM