Devenir le « fourreur des femmes fortunées » a fait de Basso un symbole : celui d’un luxe qui persiste à célébrer la fourrure malgré les décennies de critiques, de campagnes militantes et de virages éthiques pris par une grande partie de l’industrie. Alors que de nombreuses maisons ont renoncé à cette matière au nom du bien-être animal et de la pression sociétale, Basso choisi la continuité, revendiquant la fourrure comme un terrain d’expérimentation esthétique, presque ludique, où paillettes et couleurs audacieuses remplacent la gravité du débat.
Cette posture n’est ni provocatrice ni militante : elle est révélatrice d’un monde où la fourrure reste un marqueur de pouvoir symbolique, un code social réservé à une élite qui peut se permettre d’ignorer la controverse.
Basso apparaît moins comme un provocateur que comme un vestige luxueux d’une époque où la fourrure était synonyme d’élégance incontestée, et où la question éthique restait hors champs. Sa trajectoire pose une question subtile mais persistante : le luxe peut-il continuer à ignorer le monde qui l’entoure sans se transformer en relique brillante, mais décalée ?
FM
