En fait, c’est avec Yves Saint Laurent, qui, en 1967, promet aux femmes le smoking né dans la Perfide Albion du XIXe siècle pour les fumoirs des Clubs sans femme, et qui devient l’un des symboles incontestés de la nouvelle élégance aux accents voluptueux à la française. La femme s’approprie ainsi un vêtement rigoureux représentant un statut social précis pour exprimer sa nouvelle idée de la féminité : devenir un homme ! Quelle hérésie.
Ce qui se passe dans la mode actuellement, c’est le même processus, déjà initié par Yves Saint Laurent, et que l’on retrouve aujourd’hui chez Dolce & Gabbana mais à l’inverse. « Un bluff sur le moi » pour nous faire respirer un air vicié et hilarant jusqu’à l’asphyxie. Voyez-vous, ces fanfarons d’immoralité étaient au fond des religieux. Ils n’étaient pas des moralisateurs de la mode mais des croyants qui se croyaient mystique, des bécasses tristes avec des ailes de chauve-souris, comme la muse de Sainte-Beuve qui préfère l’obscurité à la clarté.
FM
