Pendant ce temps, ironie étincelante, la franchise alimentaire, la plus performante du royaume du burger, n’est ni à New York, ni à Chicago, mais… en France. Là où les Français, dans un geste d’appropriation culinaire digne d’un détournement poétique, ont transformé le McDo en salon de thé futuriste, habillé de bois clair, de vitrines façon pâtisserie nordique et d’un soupçon de design minimaliste qui ferait pleurer un architecte du Midwest. Résultat : ce sont ces McDo hexagonaux qui tiennent tout le groupe par les lacets des sneakers dollars.
Dans ce climat transatlantique de contrefaçon culturelle, l’image du « monument au ridicule » prend alors tout son sel. Le fameux «empire tentaculaire», celui qui voulait avaler le monde dans un hoquet à la Trump finit par ressembler à un gigantesque rouleau de papier toilette premium, estampillé d’un monogramme hystérisé Belmont.
Autour de ce palais tentaculaire, étouffant les immeubles voisins qui avaient pourtant espérés une existence tranquille, les Américains viennent pour leur passion favorite, la fièvre acheteuse. C’est peut-être pour cela que le gouvernement est contre les vaccins.
Ainsi s’érige la grande cathédrale du grotesque globalisé : une Europe fantasmée par des personnes qui ne veulent plus la voir, et un empire du fast-food sauvé par le pays qui aimait jadis les baguettes plus que les burgers. Une planète où le luxe se prend les pieds dans son propre tapis doré, pour devenir la tour emblématique d’une civilisation en pleine réinvention involontaire. Avec quand même une réflexion croquignolette qui me vient à l’esprit : leurs arrière-grand-parents viennent tous d’Europe. Amusant non ?
FM
