La majorité des pays industrialisés ont fixé une nouvelle de règle : le port du pantalon pour les hommes : on ne sait pas vraiment pourquoi. Probablement parce que la robe laisse voir une partie du corps souvent cachée, surtout chez les hommes. Les vêtements, qui couvrent le haut du corps, sont toujours mieux acceptés dans leur version unisexe que ceux qui découvrent le bas. Le caractère érotique de la jupe existe, même chez l’homme. Elle laisse apercevoir les cuisses, les genoux, les mollets et les chevilles d’ordinaire masquées.
Le terme « unisexe » est « hypocrite lorsqu’il s’agit de mode ». Il n’y a pas d’uni-sexualisation dans la mode. Il n’y a qu’une masculinisation globale. » Les femmes adoptent les codes vestimentaires masculins, mais pas l’inverse ; rien d’étonnant dans notre société patriarcale. « Ce que soulève la jupe » et l’histoire politique du pantalon, qui fait notamment référence au rapport hiérarchique des genres, élabore la notion de « valeurs différentielles entre les sexes » :
Une femme dont le comportement ou l’aspect se rapproche de celui d’un homme s’élève socialement, alors qu’à l’inverse, un homme qui arbore des tenues dites féminines sera rabaissé au genre inférieur. L’homme qui adopte la jupe, qui se maquille ou encore qui met du verni sur ses ongles prend donc le « risque » d’être assimilé à une femme et traité comme tel. A savoir, comme un objet, plus que comme un sujet.
La jupe, et plus généralement les apparences féminines (les talons hauts en particulier) sont une entrave, rendue désirée et désirable. C’est l’érotisation de la domination. L’attractivité de ce type de corps féminin est lié à sa vulnérabilité, sa passivité, son immobilité ; essayez de courir avec une jupe entravée !
Redéfinir l’identité masculine pour M. Piccioli et pour Valentino homme visiblement sera le postula de base de cette collection, qui s’est tenue dans la cour de l’université Statale de Milan, résultat de l’union de deux institutions de grandes traditions d’études médicales, scientifiques et humanistes : l’Accademia Scientifico-Letteraria (Académie scientifique-littéraire), active depuis 1861, et l’Istituto Clinico di perfezionamento, institué en 1906. Pour les bimbos qui pensaient que c’était dans un musée de Milan.
Une collection ancrée dans les règles traditionnelles du tailleur rendu contemporain, shorts et jupes, ainsi que les hauts en soie et pantalons amples, pour une sensation de bien-être sous le soleil brûlant de la journée de la capitale de Lombardie.
FM
