jeudi 24 septembre 2026

DÉFILÉ POST APOCALYPSE CHIC


Il paraît que le vestiaire d’aujourd’hui, ressemble à ça : des mannequins qui semblent sorties tout droit d’une bouche d’égout, vêtements en lambeaux, ourlets effilochés comme si elles avaient survécu à une explosion dans une usine textile de Mumbai. On appelle ça de la « mode déconstruite », du « grunge de luxe », de « l’esthétique post-apocalyptique revisitée par un directeur artistique « Kean, pour ne pas le nommé, qui n’est jamais certainement descendu dans le métro à l’heure de pointe ». Il est un adepte de la société de Wladimir Putin pour simuler ses vêtements après un essaim de drones Ukrainien.

Pendant ce temps, face à moi, je regarde une femme qui a pris le temps de se coiffer, dont la robe tombe impeccablement parce qu’elle a été pensée pour elle et non contre elle, dont les vêtements racontent le soin qu’elle porte plutôt que la performance d’une misère stylisée à 3,000 livres la pièce. Elle me lance un gracieux sourire qui ferait rougir une tomate dans le sous-sol de Hannibal Lecter.

Il y a quelque chose de comique dans cette industrie qui invente la pauvreté esthétique pour des gens qui n’ont jamais eu froid. Le glamour est devenu suspect, le soin de soi ringard. Ainsi ressembler à une survivante d’inondation est désormais un « statement » artistique. Étrange époque, où la féminité assumée, propre, apprêtée, devient presque un acte de rébellion face à des podiums qui célèbrent le chaos comme un raffinement.

Au final, entre une silhouette étudiée avec élégance et une autre qui a l’air d’avoir traversé un tremblement de terre, le choix ne me semble pas si difficile, enfin en tout cas pour moi. Il me semble qu’il faut donc réclamer au nom de la tolérance le droit de ne pas tolérer l’intolérable.

FM